* Boccace, consolateur des femmes, vers 1350
"Et qui niera que, de quelque valeur qu'il soit, ce confort ne doive être donné bien plus aux dames amoureuses qu'aux hommes ? Au fond de leur délicates poitrines, tremblant et rougissant, elles tiennent cachées les amoureuses flammes, lesquelles ont bien plus de forces que celles qui sont apparentes, comme le savent ceux qui ont éprouvé et en éprouvent encore les atteintes. En outre, restreintes dans leurs volontés et dans leurs plaisirs par les ordres des pères, des mères, des frères et des maris, elles restent la plupart du temps renfermées dans l'étroite enceinte de leurs chambres, et, s'y tenant quasi oisives, voulant et ne voulant pas en une même heure, roulent des pensers divers qui ne peuvent être toujours gais. Et si quelque mélancolie, mue par un désir de feu, survient en leur esprit, il faut qu'elles l'y gardent à leur grand ennui, à moins qu'elle n'en soit chassée par des propos nouveaux... Donc, afin que par moi soit en partie corrigée la faute de la fortune... j'entends raconter cent nouvelles."
(Boccace : Le Décaméron ; trad. Francisque Reynard.)
Chinchina pour le Mercure de France
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